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Séminaire : Régionalisme européen et mondialisation au XXe siècle

8 février 2011

Séminaire : «Régionalisme européen et mondialisation au XXe siècle»

Paris février-mai 2011

PROJET

Objectif : analyser les interrelations entre projet européen – comme projet et modèle de gouvernance – et gouvernance mondiale. Actualité du sujet : réflexion en cours sur les nouveaux modes de gouvernance mondiale à un moment où le modèle universel construit au XXe siècle – SDN, ONU et leurs organisations affiliées – est en cours de recomposition[1].

Contexte : 1990 a signifié un temps la victoire du modèle universel occidental. Les crises des années 1997-2007/2010 ont toutefois montré tout à la fois la prise de conscience de la montée en puissance des BRICs constituant peu à peu de nouveaux pôles de puissance, le développement de cadres de gouvernance élargis (G20), la difficulté du cadre multilatéral à faire face aux nouveaux défis d’ordre politique, économique, environnemental… Un premier bilan semble ainsi montrer que la définition d’une nouvelle forme de gouvernance mondiale est actuellement en cours, probablement encore pour de nombreuses années.  L’Europe participe à cette reconstruction en cherchant à valoriser son propre modèle :

  • L’Europe est en elle-même un système de gouvernance multilatéral, même si le projet européen et ses composantes actuelles vont bien au-delà.
  • L’Europe a été un acteur en pointe au plan mondial sur une série de sujets d’intérêt général.
  • L’Europe n’est pas actuellement une superpuissance et ne le sera pas à échéance proche.

Il existe de fait un modèle européen de référence qui s’est peu à peu constitué au cours du XXe siècle et qui se situe aux confins du multilatéralisme et de régionalisme. Ce modèle peut à certaines conditions constituer un atout aux mains de l’Union européenne dans la reconfiguration du monde. Cette reconfiguration peut déboucher sur plusieurs formes d’organisation associant notamment multilatéralisme et régionalisme au sein d’un équilibre et d’articulations encore à définir.  Bien des réflexions actuelles vont dans cette direction[2].

Une série de points sont en discussion de ce point de vue :

  • Quelle place pour le régionalisme comme mode de gouvernance à l’échelle mondiale?
  • Quel dialogue entre Groupements régionaux, et tout particulièrement l’ UE, et les très grandes puissances actuelles ou en devenir?

Les travaux des historiens de l’époque contemporaine offrent des éclairages fondamentaux sur ces questions quant aux relations entre projet/modèle européen et modèle de gouvernance mondiale, en les situant : à l’articulation de champs d’action multiples, économique, social, culturel et politique eux mêmes pris au sens large; à l’articulation entre champs de la gouvernance publique et de la gouvernance privée.

Si l’on situe principalement l’analyse dans les années 1970-2010 qui sont le plus souvent assimilées à celles de la seconde mondialisation, il est cependant important de tenir compte des données héritées des années 1890-1950 qui posent, à l’échelle mondiale et européenne, les bases des interrogations d’aujourd’hui : phénomènes transnationaux bientôt organisés sur une base institutionnelle puis «politisés» et intégrés au sein du cadre SDN/ONU, articulation des champs économique, politique, culturel et social, régionalisme comme voies d’accès à l’universel.

Pour les historiens, la problématique actuelle doit se situer tout à la fois au cœur des champs concernés et à l’articulation de ces champs. Le second après-guerre avait réservé au politique la place au sommet de la hiérarchie, les autres champs d’activité, plus ou moins institutionnalisés, lui étant implicitement ou explicitement subordonnés. Les historiens ont adhéré à ce schéma à travers le modèle des forces profondes de Renouvin peu à peu modernisé. Les années 1980 et suivantes et le contexte néo-libéral qui les ont porté ont remis en cause cette cohérence en privilégiant le caractère autonome de champs spécifiques (économie, politique, culture etc.), ce aux différentes échelles, nationale, européenne (travaux sur l’identité européenne) et internationale. Le contexte présent, tout en invitant à préserver ces différentes échelles (ici échelle européenne- échelle internationale) et hypothèses d’analyse, invite à une relecture, posant à nouveaux frais la question des échelles de gouvernance en se positionnant sur les lignes de crète situées à l’inersection des divers champs et types d’acteurs.  De telles analyses offriront des éclairages des plus utiles à la bonne intelligence des évolutions en cours.

[1] Par exemple Notre Europe, Partenariat euro-américain, une nouvelle approche, 2010.

[2] Par exemple Tommaso Padoa-Schioppa, The ghost of the bancor. The economic crisis and global monetary disorder. Conférence, Fondations internationale Robert Triffin, Louvain-la-Neuve, 25 février 2010.

PROGRAMME DU SÉMINAIRE (PRINTEMPS 2011)

Ce séminaire est préparatoire à la tenue d’un colloque qui se tiendra à Paris en fin d’année 2011. Il a lieu les mercredi de 15h00 à 17h00, en Sorbonne, salle F671.

Mercredi 16 février – Éric Bussière : L’Europe dans la mondialisation au XXe siècle

Jeudi 24 et vendredi 25 février (matin) – Colloque : «L’euro en Europe et dans le SMI : quelle efficacité, quelle légitimité?». Lieu : Maison de la recherche Paris IV, 28 rue Serpente, 75006 Paris, salle D035

Mercredi 2 mars – Noël Nonhomme (Paris IV) : Le G7 et l’Europe communautaire

Mercredi 9 mars – Pascal Deloge (UCL) : La coopération industrielle aéronautique entre échelles européenne et mondiale (années 1950-années 1980)

Mercredi 16 mars – Chloé Maurel (IRICE) : Les pays d’Europe à l’UNESCO de 1945 à 1974 : entre européocentrisme et universalisme

Mercredi 23 mars – Emmanuel Mourlon Druol (LSE) : Le Conseil européen, fonctionnement et évolution

Mercredi 30 mars – Pr. Thomas Zeiler (U. of Colorado) : Quelle Allemagne pour quelle Europe? Quelle Europe pour quelle mondialisation?

Mercredi 6 avril – Floriane Galeazzi (Rouen) : L’OCDE, l’Europe monétaire et le SMI

Mercredi 27 avril – Léonard Laborie (CNRS-IRICE) : Le service postal et ses institutions entre l’Europe et le monde au XXe siècle

Mercredi 4 mai –Céline Paillette (IRICE) : L’OMS entre l’Europe et le monde

Mercredi 11 mai – Valérie Aubourg (Cergy-Pontoise) : Les organisations économiques privées, l’Europe, l’Atlantique et le monde : le groupe de Bilderberg

Mercredi 18 mai – Najib Souamaa (Paris IV) : Le BIT entre modèle européen et modèle universel : 1900-1950

Mercredi 25 mai – Jerôme Wilson : Triffin, l’Europe et le SMI?

 

Renseignements : bussiereeric@aol.com ou https://gdreurope.wordpress.com/

Télécharger le programme au format PDF

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