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Gouvernance européenne et gouvernance mondiale depuis les années 1970

Appel à communications : «Gouvernance européenne et gouvernance mondiale depuis les années 1970. L’apport des historiens aux débats de notre temps»

Call for papers : « European and global governance since the 1970s. What can historians contribute to contemporary debates? »

Paris, novembre 2011 / November 2011

Date limite / Deadline : 30 juin 2011

 

Cette table ronde internationale, première d’une série de 2011 à 2013, s’inscrit dans la continuité des travaux du GDR Europe qui associe huit centres de recherche européens autour d’un projet intitulé « Régionalisme européen et mondialisation au XXe siècle». Notre objectif est d’analyser les interrelations entre projet européen – comme projet politique et modèle de gouvernance – et gouvernance mondiale depuis les années 1970. Il s’agit de contribuer à la réflexion sur les nouveaux modes de gouvernance mondiale, à un moment où le modèle universel construit au XXe siècle – SDN, ONU et leurs organisations affiliées – est en cours de recomposition.

Texte de l’appel à communications (PDF)

 

This conference forms part of the work of the European Joint Research Group which involves eight European research centres in a project entitled ‘European regionalism and the globalisation in the Twentieth Century’. Our objective is to analyse the interlinkages between the process of European integration – as a political project and as a model of governance – and global governance since the 1970s. This is designed to contribute to a wider reflection on the new structures and patterns of global governance, at a time when the universal model constructed in the 20th century – the League of Nations, the United Nations and their affiliated bodies – is undergoing a degree of redefinition.

Text of the call for papers (PDF)

Séminaire : Régionalisme européen et mondialisation au XXe siècle

Séminaire : «Régionalisme européen et mondialisation au XXe siècle»

Paris février-mai 2011

PROJET

Objectif : analyser les interrelations entre projet européen – comme projet et modèle de gouvernance – et gouvernance mondiale. Actualité du sujet : réflexion en cours sur les nouveaux modes de gouvernance mondiale à un moment où le modèle universel construit au XXe siècle – SDN, ONU et leurs organisations affiliées – est en cours de recomposition[1].

Contexte : 1990 a signifié un temps la victoire du modèle universel occidental. Les crises des années 1997-2007/2010 ont toutefois montré tout à la fois la prise de conscience de la montée en puissance des BRICs constituant peu à peu de nouveaux pôles de puissance, le développement de cadres de gouvernance élargis (G20), la difficulté du cadre multilatéral à faire face aux nouveaux défis d’ordre politique, économique, environnemental… Un premier bilan semble ainsi montrer que la définition d’une nouvelle forme de gouvernance mondiale est actuellement en cours, probablement encore pour de nombreuses années.  L’Europe participe à cette reconstruction en cherchant à valoriser son propre modèle :

  • L’Europe est en elle-même un système de gouvernance multilatéral, même si le projet européen et ses composantes actuelles vont bien au-delà.
  • L’Europe a été un acteur en pointe au plan mondial sur une série de sujets d’intérêt général.
  • L’Europe n’est pas actuellement une superpuissance et ne le sera pas à échéance proche.

Il existe de fait un modèle européen de référence qui s’est peu à peu constitué au cours du XXe siècle et qui se situe aux confins du multilatéralisme et de régionalisme. Ce modèle peut à certaines conditions constituer un atout aux mains de l’Union européenne dans la reconfiguration du monde. Cette reconfiguration peut déboucher sur plusieurs formes d’organisation associant notamment multilatéralisme et régionalisme au sein d’un équilibre et d’articulations encore à définir.  Bien des réflexions actuelles vont dans cette direction[2].

Une série de points sont en discussion de ce point de vue :

  • Quelle place pour le régionalisme comme mode de gouvernance à l’échelle mondiale?
  • Quel dialogue entre Groupements régionaux, et tout particulièrement l’ UE, et les très grandes puissances actuelles ou en devenir?

Les travaux des historiens de l’époque contemporaine offrent des éclairages fondamentaux sur ces questions quant aux relations entre projet/modèle européen et modèle de gouvernance mondiale, en les situant : à l’articulation de champs d’action multiples, économique, social, culturel et politique eux mêmes pris au sens large; à l’articulation entre champs de la gouvernance publique et de la gouvernance privée.

Si l’on situe principalement l’analyse dans les années 1970-2010 qui sont le plus souvent assimilées à celles de la seconde mondialisation, il est cependant important de tenir compte des données héritées des années 1890-1950 qui posent, à l’échelle mondiale et européenne, les bases des interrogations d’aujourd’hui : phénomènes transnationaux bientôt organisés sur une base institutionnelle puis «politisés» et intégrés au sein du cadre SDN/ONU, articulation des champs économique, politique, culturel et social, régionalisme comme voies d’accès à l’universel.

Pour les historiens, la problématique actuelle doit se situer tout à la fois au cœur des champs concernés et à l’articulation de ces champs. Le second après-guerre avait réservé au politique la place au sommet de la hiérarchie, les autres champs d’activité, plus ou moins institutionnalisés, lui étant implicitement ou explicitement subordonnés. Les historiens ont adhéré à ce schéma à travers le modèle des forces profondes de Renouvin peu à peu modernisé. Les années 1980 et suivantes et le contexte néo-libéral qui les ont porté ont remis en cause cette cohérence en privilégiant le caractère autonome de champs spécifiques (économie, politique, culture etc.), ce aux différentes échelles, nationale, européenne (travaux sur l’identité européenne) et internationale. Le contexte présent, tout en invitant à préserver ces différentes échelles (ici échelle européenne- échelle internationale) et hypothèses d’analyse, invite à une relecture, posant à nouveaux frais la question des échelles de gouvernance en se positionnant sur les lignes de crète situées à l’inersection des divers champs et types d’acteurs.  De telles analyses offriront des éclairages des plus utiles à la bonne intelligence des évolutions en cours.

[1] Par exemple Notre Europe, Partenariat euro-américain, une nouvelle approche, 2010.

[2] Par exemple Tommaso Padoa-Schioppa, The ghost of the bancor. The economic crisis and global monetary disorder. Conférence, Fondations internationale Robert Triffin, Louvain-la-Neuve, 25 février 2010.

PROGRAMME DU SÉMINAIRE (PRINTEMPS 2011)

Ce séminaire est préparatoire à la tenue d’un colloque qui se tiendra à Paris en fin d’année 2011. Il a lieu les mercredi de 15h00 à 17h00, en Sorbonne, salle F671.

Mercredi 16 février – Éric Bussière : L’Europe dans la mondialisation au XXe siècle

Jeudi 24 et vendredi 25 février (matin) – Colloque : «L’euro en Europe et dans le SMI : quelle efficacité, quelle légitimité?». Lieu : Maison de la recherche Paris IV, 28 rue Serpente, 75006 Paris, salle D035

Mercredi 2 mars – Noël Nonhomme (Paris IV) : Le G7 et l’Europe communautaire

Mercredi 9 mars – Pascal Deloge (UCL) : La coopération industrielle aéronautique entre échelles européenne et mondiale (années 1950-années 1980)

Mercredi 16 mars – Chloé Maurel (IRICE) : Les pays d’Europe à l’UNESCO de 1945 à 1974 : entre européocentrisme et universalisme

Mercredi 23 mars – Emmanuel Mourlon Druol (LSE) : Le Conseil européen, fonctionnement et évolution

Mercredi 30 mars – Pr. Thomas Zeiler (U. of Colorado) : Quelle Allemagne pour quelle Europe? Quelle Europe pour quelle mondialisation?

Mercredi 6 avril – Floriane Galeazzi (Rouen) : L’OCDE, l’Europe monétaire et le SMI

Mercredi 27 avril – Léonard Laborie (CNRS-IRICE) : Le service postal et ses institutions entre l’Europe et le monde au XXe siècle

Mercredi 4 mai –Céline Paillette (IRICE) : L’OMS entre l’Europe et le monde

Mercredi 11 mai – Valérie Aubourg (Cergy-Pontoise) : Les organisations économiques privées, l’Europe, l’Atlantique et le monde : le groupe de Bilderberg

Mercredi 18 mai – Najib Souamaa (Paris IV) : Le BIT entre modèle européen et modèle universel : 1900-1950

Mercredi 25 mai – Jerôme Wilson : Triffin, l’Europe et le SMI?

 

Renseignements : bussiereeric@aol.com ou https://gdreurope.wordpress.com/

Télécharger le programme au format PDF

Régionalisme européen et mondialisation

Projet

Le système international est entré dans une phase nouvelle de reconfiguration au début des années 2000. D’un côté ce sont des enjeux nouveaux, comme le développement durable, qui achèvent de se politiser, ou des enjeux plus traditionnels – accès aux matières premières, énergie, système financier… – qui reviennent au premier plan. De l’autre, ce sont de nouveaux acteurs qui sont en train d’accéder aux responsabilités mondiales.

L’Union européenne (UE) se trouve donc projetée dans un dispositif en cours de recomposition, l’un des enjeux étant la définition de normes nouvelles et des dispositifs institutionnels et politiques qui les mettent en œuvre. Or, l’émergence d’un monde multipolaire fondé sur une pluralité d’acteurs qui sont presque exclusivement de très grands États pose la question de la capacité de l’Europe à influencer cette recomposition. Cette question renvoie à la singularité institutionnelle et politique de l’UE qui représente à la fois atouts et handicaps. Les historiens peuvent contribuer à éclairer ce débat en l’insérant dans une analyse dynamique des rapports de l’Europe et du projet européen au système international au Xxe siècle, selon une série de lignes de force qui le structurent.

L’élément clé de la question et de notre interrogation portera sur les liens existant entre régionalisme européen et mondialisation, tous deux définis comme processus. Ces liens sont uniques et conférent au régionalisme européen un statut dont les autres régionalismes ne peuvent se prévaloir. Ce statut est la conséquence de son antériorité et de son caractère bien plus abouti, aux plans politique et institutionnel, que les autres formes de régionalisme dans le monde. Il est aussi la conséquence de ce que la mondialisation, dans ses fondements et modes de fonctionnement institutionnels actuels, puise aux mêmes sources que le projet régional européen. Comprendre l’un c’est donc mieux comprendre l’autre.

Mais le régionalisme européen, comme issu lui-même des sociétés et de l’histoire qui l’ont fait naître présente aussi des spécificités qui le distinguent et établissent ses caractéristiques propres et son rapport unique au monde. Cette spécificité traverse, à des degrés divers, l’ensemble des champs de l’activité humaine, économique et social, culturel, religieux et politique. Le régionalisme européen est ainsi lui-même le produit de l’organisation progressive et volontaire de ces champs sur une base fonctionnelle et segmentée d’abord, puis peu à peu globalisée. Notre projet est ainsi fondé sur une double hypothèse quand aux rapports entre les champs : celle de leur autonomie, et celle de leur interdépendance, le projet universel comme le projet européen relevant d’un processus de globalisation des champs et de politisation comme produit de cette globalisation.

On abordera donc le développement du régionalisme européen dans ses diverses composantes et dans son rapport la mondialisation selon une série d’axes déterminants. Chaque champ sera prix en compte dans son autonomie, mais aussi dans ses relations avec les autres champs. Les analyses tendront au final à se placer l’articulation des champs, sur les lignes de crête explicatives de la nature et des étapes du processus. On considérera la dimension européenne en elle-même et dans sa relation avec le reste du monde, les interactions entre les deux échelles se situant au cœur de l’analyse. L’Europe sera considérée comme un ensemble relevant d’éléments d’identité communs, dont plusieurs s’insèrent dans des cadres institutionnels à caractère public (institutions internationales ou régionales) ou s’organisent sur une base privée (associations, ententes).

Les analyses porteront pour l’essentiel sur les années 1970-2000. Les années 1970 ouvrent la voie à une remise en cause du schéma d’organisation du monde établi après la Seconde Guerre mondiale. La crise économique et la remise en cause du modèle soviétique déstabilisent les équilibres anciens et les positions acquises, ouvrant la voie jusqu’aujourd’hui à une recomposition des rapports de force et du jeu des acteurs dans tous les champs de l’activité. La situation de l’Europe, une Europe à la fois élargie et projetée dans un monde multipolaire en recherche de nouvelles formes d’organisation, s’en trouve transformée. Les analyses relatives aux dernières décennies seront cependant replacées dans une perspective longue. Les données relatives à la première mondialisation et au régionalisme européen du début du siècle seront notamment réinvesties et mises en perspective.

Axes d’analyse

Axe 1. L’Europe économique et sociale : modèle européen et mondialisation

L’organisation d’un espace économique et social européen dans l’économie-monde s’installe comme projet dès la fin du XIXe siècle. Sa dimension économique gagne sa légitimité au cours des années 1930 et s’installe progressivement dans le cadre économique libéral mis en place en Occident vingt ans plus tard. Sa dimension sociale est toutefois en retrait et toujours discutée. Les années 1970 initient une série de processus contradictoires, la mondialisation économique ayant pour contrepartie la tentative d’approfondissement du régionalisme européen des années 1980-1990. L’émergence d’un contexte où de nouveaux acteurs majeurs contestent les positions acquises à la faveur de la libéralisation et de l’ouverture des marchés semblent récemment poser la question de nouvelles formes de régulation. Le rapport de l’Europe (CEE puis UE) à ces évolutions sera analysé à travers trois thèmes :

  • Organisation des espaces économique et changements d’échelle;
  • Acteurs privés et pouvoirs publics dans la mondialisation.
  • La dimension sociale entre dynamiques européennes et enjeux internationaux.

Axe 2. Gouvernance européenne et mondiale des ressources et de l’environnement : gestion des flux, des réseaux techniques, des ressources rares

La notion de la gestion des ressources rares dans sa dimension politique, économique, technologique et dans le domaine de la sécurité à différentes échelles, est un thème qui rejoint celui des politiques étrangères tout en comportant des aspects économiques et sociaux. C’est un thème neuf dans cette dimension globalisante. La dimension environnementale est à prendre dans sa dimension spécifique, sa montée en puissance comme enjeu majeur des relations internationales, ses relations avec la question énergétique.

Les réseaux techniques et de communication supportent les flux de toute nature qui innervent l’espace européen en déterminent les contours et les modes d’insertion dans le monde. Les réseaux techniques seront donc analysés comme éléments structurants de l’espace à travers l’étude de leur cartographie, des modes de vie qu’ils déterminent et de leurs modes de gouvernance. Cette étude débouchera sur une analyse des usages et des effets politiques de l’organisation des réseaux. Elle mobilisera à cet effet les analyses en cours de développement sur l’internationalisme et l’européisme technocratiques.

 

Axe 3. L’Europe dans le système de gouvernance mondiale

La montée en puissance de nouveaux acteurs et l’affaiblissement du multilatéralisme depuis les années 1970 débouche sur la recherche d’une nouvelle forme de gouvernance internationale où l’Europe recherche sa place à l’intersection du multilatéralisme et d’un système de gouvernance plus traditionnel reposant sur le rôle privilégié d’un certain nombre de grands acteurs. On analysera les mutations des systèmes de gouvernance internationale depuis les années 1970 dans ses aspects politique, économique et institutionnel travers l’étude comparative des modèles aux échelles régionale et mondiale, à travers le dialogue entre régionalismes, les articulations entre échelle régionale et mondiale.

Axe 4. Espace public européen entre espaces nationaux et espace mondial : dimensions politiques et culturelles

L’Europe n’a jamais pu résoudre l’hésitation suivante : faut-il développer d’abord un espace public européen (culture, politiques culturelles, etc.) pour parvenir, par effet de spill over, à progresser dans la création d’une Europe politique (méthode fonctionnaliste); ou est-ce la création d’institutions politiques qui conduira au développement d’un espace public européen (méthode volontariste)? On est parti du paradoxe suivant : l’Europe est l’une des régions du monde les plus intégrées, et pourtant l’espace public européen est moins structuré que les espaces nationaux et il se trouve même moins affirmé que l’espace public mondial; entre ces deux types d’espaces, il ne parvient pas à trouver sa place.

Axe 5. L’Europe et les autres espaces régionaux : espace de proximité, espaces lointains

L’Europe est au cœur de deux types de dialogues depuis les années 1970.  C’est d’abord la volont de l’Europe de participer à l’organisation de son environnement proche en Méditerranée à travers une politique spécifique développée à partir des années 1970. Se distinguent de cette problématique les relations avec les espaces plus lointains : Afrique, Amérique latine, Asie. Dans ces derniers cas on assiste à la montée de nouvelles formes de bilatéralisme qui diffle qui relève de l’approche systémique. L’articulation entre multilatéralisme à vocation universelle et relations spécifiques entre pôles constitue un des enjeux de nos réflexions.

Axe 6. L’Europe dans la mondialisation des religions

L’élargissement de la CEE/UE a augmenté la présence des fidèles de confessions chrétiennes autres que la catholique. Le taux élevé d’immigration a également conduit dans les frontières de l’UE un nombre croissant de musulmans. Il y a aussi, en plus, entrée prévue dans l’UE de pays à majorité musulmane, non seulement la Turquie mais aussi l’Albanie, la Bosnie, le Kosovo. On peut se demander quelles conséquences cette situation peut avoir, en tenant compte de la présence de l’extrémisme religieux, conduisant à un fanatisme souvent dangereux.  Pour sa part, l’Église catholique, par sa présence généralisée dans le monde, tant par le clergé séculier que par le régulier, a augmenté, depuis 1958, son attention au monde entier par rapport au développement de l’intégration européenne. La présence massive des différentes religions au siège de l’Union européenne à Bruxelles fait enfin réfléchir sur le poids des grandes religions dans l’activité concrète de l’UE.

SANZ Rosa Pardo

Rosa Pardo Sanz is Professor of Contemporary History at the Departamento de Historia Contemporanea  (Universidad Nacional de Educación a Distancia) in Madrid. Her research interests focus on Spanish foreign policy and transantlantic relations during the Cold War.

Details about publications and resarch can be found on http://portal.uned.es/portal/page?_pageid=93,696131&_dad=portal&_schema=PORTAL and some of her texts on http://e-spacio.uned.es/

Contact: mpardo@geo.uned.es

HANHIMÄKI Jussi

Jussi M. Hanhimäki is Professor and Chair of International History and Politics at the Graduate Institute of International and Development Studies in Geneva, Switzerland and Finland Distinguished Professor (Academy of Finland). His research interests focus on transatlantic relations during the Cold War, refugee history, and the role of international organizations in international politics.

Details about publications and research can be found on http://hei.unige.ch/sections/hp/Hanhimaki.htm